Les Mondiaux arrivent à grands pas et c’est le moment de l’année où les athlètes et les entraîneur.es commencent à penser sérieusement à la préparation pour la plus grande compétition de la saison.
Pour les entraîneur.es, c’est souvent une période remplie de décisions. On essaie de trouver le bon équilibre entre performance et récupération tout en bâtissant la confiance de l’équipe.
On se pose souvent des questions comme :
- Dois-je simplifier la routine?
- Est-ce que je pousse davantage les athlètes pour rentrer certaines habiletés avant les Mondiaux?
- Dois-je réduire mon niveau d’entraînement pour reposer mes athlètes?
- Dois-je ajouter des entraînements pour accumuler plus de répétitions?
- Comment gérer le mental de mes athlètes?
- Comment puis-je m’assurer de couvrir tous les scénarios possibles?
Même si on ne peut pas répondre à toutes ces questions, il est possible de s’assurer que vos athlètes soient physiquement à leur 100% aux Worlds.
L’affûtage
À deux semaines des Mondiaux, le corps des athlètes ne changera pas drastiquement. Il est donc inutile d’essayer de créer un énorme gain physique durant cette période. Tant que l’athlète continue de s’entraîner, son niveau de préparation restera relativement stable. Que l’équipe effectue dix “all outs” ou un seul, l’athlète ne deviendra pas soudainement plus fort ou plus endurant. En revanche, il peut devenir plus fatigué ou augmenter son risque de blessure si la charge d’entraînement est trop élevée.
Les deux semaines précédant la compétition devraient plutôt être utilisées pour préparer les athlètes aux conditions de la compétition et, surtout, pour bâtir leur confiance.
Augmenter l’intensité, pas le volume
L’affûtage ne signifie pas s’entraîner moins sérieusement. Au contraire, l’intensité des répétitions doit rester élevée. La différence se situe plutôt dans la qualité des répétitions. Les entraînements devraient mettre l’accent sur des répétitions maximales, contrôlées et puissantes. Pour permettre ce niveau d’exécution, il est important d’ajouter davantage de pauses entre les répétitions. Ces pauses permettent aux athlètes de récupérer et de reproduire une intensité semblable à celle qu’ils devront fournir lors de leur passage sur le tapis de compétition.
En pratique, cela signifie que les répétitions sont moins nombreuses, mais beaucoup plus intentionnelles.
Réduire le volume d’entraînement
Réduire le volume d’entraînement est une composante essentielle de l’affûtage. Les longues pratiques épuisantes et la répétition intensive de full outs sont rarement nécessaires à ce stade de la saison. En diminuant le volume global, on réduit les risques de blessures et on permet aux athlètes d’arriver aux pratiques avec plus d’énergie. Des athlètes plus frais vont être capables de faire les éléments avec une meilleure exécution, ce qui renforce leur confiance durant la routine. Durant cette période, il peut aussi être utile d’inclure davantage de mouvements simples afin de solidifier la technique et maintenir un sentiment de contrôle chez les athlètes.
Reproduire les conditions des Mondiaux
Une stratégie très efficace consiste à exposer les athlètes aux conditions réelles qu’ils vivront lors de la compétition. Plus l’environnement d’entraînement ressemble à celui des Worlds, moins il y aura de facteurs inconnus le jour de la performance. On peut par exemple simuler un échauffement à intensité maximale suivi d’un “all out”. L’idée est de recréer le rythme réel de la compétition, avec les périodes d’attente, l’entrée sur le tapis et la routine exécutée à pleine intensité.
Cette approche permet non seulement au corps de s’adapter à l’effort, mais elle prépare aussi le cerveau. Les athlètes deviennent plus familiers avec la situation et ressentent moins de stress lorsqu’ils arrivent réellement sur place.
L’importance de la visualisation
La visualisation peut également jouer un rôle très important dans la préparation. Montrer aux athlètes des images ou des vidéos des installations où se dérouleront la compétition peut réduire l’incertitude et l’anxiété. Voir l’aréna, les zones d’attente, les tapis d’échauffement et les espaces extérieurs permettent aux athlètes de se projeter mentalement dans la compétition. Certains entraîneurs utilisent même des vidéos prises sur place lors d’années précédentes afin de recréer l’expérience le plus fidèlement possible.
Plus les athlètes sont familiers avec l’environnement, plus ils peuvent concentrer leur énergie sur leur performance.
Exemple de plan de pratique sur deux semaines
Avec tous ces principes en tête, voici un exemple de plan de pratique pour les deux semaines précédant les Mondiaux. L’objectif est de reproduire les conditions de compétition tout en réduisant progressivement la fatigue des athlètes.

L’objectif : arriver confiant et prêt à performer
Les deux dernières semaines avant les Mondiaux ne devraient pas être une période de surcharge et de stress. Elles devraient plutôt servir à solidifier les acquis, à exposer les athlètes aux conditions de compétition et à renforcer leur confiance.
Lorsque l’affûtage est bien appliqué, les athlètes arrivent à la compétition avec un niveau d’énergie élevé, un esprit calme et une confiance solide dans leur routine. Idéalement, lors de la dernière pratique, les athlètes devraient quitter le gym en se sentant prêts, confiants et presque surpris de ne pas être complètement épuisés.
C’est souvent dans cet état que les meilleures performances se produisent.
