Dans un précédent article, il avait été question de la prévention des traumatismes craniocérébraux légers, aussi appelés TCCL, dont fait partie la commotion cérébrale. Néanmoins, malgré les mesures préventives, que faire lorsque survient un impact à la tête ou au corps lors d’une chute, d’un accident ou d’un contact violent, susceptible de causer une commotion cérébrale?
Dans une situation risquant de susciter une commotion cérébrale, chaque personne a un rôle à jouer. En effet, la prise en charge d’une commotion cérébrale est une responsabilité partagée.
La prise en charge est en fait la mise en place d’actions à la suite d’un incident qui risque de susciter une commotion :
- Détecter : reconnaître une situation qui risque de susciter une commotion cérébrale, retirer l’athlète du jeu et signaler la situation;
- Évaluer : surveiller l’apparition de signaux d’alertes et/ou de symptômes;
- Reprendre graduellement ses activités : adopter une stratégie appropriée afin de réintégrer progressivement toutes ses activités, dont les activités sportives.
Mise en situation
Lors d’une répétition chorégraphique, Amandine, âgée de 15 ans, est entrée violement en collision avec un autre athlète en raison d’un mauvais changement de direction. Elle est ensuite tombée durement au sol. Elle se sent un peu sonnée et nécessite quelques minutes pour reprendre ses esprits. Malgré tout, elle se sent relativement bien et ne semble pas présenter de symptômes particuliers.
Dans cette situation, Amandine doit, en tant qu’athlète :
- reconnaître qu’un impact/collision/chute la met à risque de faire une commotion cérébrale;
- signaler l’incident à une entraîneure ou à un entraîneur, un parent ou un membre du personnel encadrant;
- se retirer du jeu ou du terrain afin de surveiller l’évolution de son état de santé pendant 24 à 48 heures, sachant que les symptômes peuvent apparaître à retardement;
- être à l’écoute de soi et déclarer tout symptôme pouvant être lié à une commotion cérébrale. Il est important d’être transparent afin de recevoir les soins nécessaires pour éviter des complications futures. Pour connaître les symptômes, se référer au Protocole de gestion des commotions cérébrales et à la Fiche de suivi du ministère de l’Éducation;
- suivre les directives émises par un professionnel de la santé qualifié et/ou les étapes du Protocole de gestion des commotions cérébrales;
- informer son entourage de l’évolution de son état de santé et remplir la fiche de suivi pour suivre la progression de la guérison.
Heureusement pour Amandine, son entraîneure, Laurie, était tout près d’elle lorsque l’impact s’est produit et elle a été témoin de la violence de l’impact.
Dans cette situation, Laurie doit, en tant qu’entraîneure :
- s’assurer que l’athlète est retirée ou retiré du jeu sur-le-champ pour permettre de surveiller l’évolution de son état de santé pendant 24 à 48 heures;
- assurer la vérification des symptômes à la suite du retrait de l’athlète;
- aviser les parents de l’athlète de la situation le plus tôt possible;
- avec le consentement de l’athlète et/ou des parents, aviser l’ensemble du personnel concerné de la condition de l’athlète et indiquer les mesures à mettre en place;
- favoriser et appliquer la procédure selon l’avis du professionnel de la santé qualifié et/ou le Protocole de gestion des commotions cérébrales;
- favoriser le retour sain et sécuritaire de l’athlète lorsque la stratégie de reprise des activités le permet.
Même si l’entraîneure n’avait pas été présente au moment de l’impact, ses responsabilités face à l’athlète restent les mêmes.
Philippe, le père d’Amandine, est mis au fait de l’événement par l’entraîneure dès son arrivée. Amandine lui raconte elle aussi ce qui s’est passé et lui dit comment elle se sent.
Dans cette situation, Philippe doit, en tant que parent :
- surveiller l’état de santé de l’athlète, surtout dans les 48 premières heures, et se référer au Protocole de gestion des commotions cérébrales et à la Fiche de suivi pour bien connaître les symptômes possibles;
- faire les démarches nécessaires pour obtenir les soins de santé appropriés, le cas échéant;
- tenir informés les différents responsables des milieux concernés des restrictions de l’athlète (employeur étudiant, responsable des activités, etc.) si l’athlète est dans l’impossibilité de le faire;
- favoriser une reprise des activités, conformément à l’avis du professionnel de la santé qualifié et/ou au Protocole des commotions cérébrales;
- rassurer l’athlète;
- faire preuve de vigilance lors de l’apparition de signes psychologiques (anxiété, dépression, etc.).
Antoine, le gestionnaire du centre sportif, est conscient que ce genre d’incident peut arriver, même s’il met tout en œuvre pour l’éviter. Il a été informé de cet événement et souhaite que la situation soit prise en charge dans les règles de l’art pour éviter qu’Amandine ne vive avec des séquelles à long terme et qu’elle puisse poursuivre la pratique de son sport préféré.
Dans cette situation, Antoine doit, en tant que gestionnaire d’association et/ou de lieu de pratique :
- consigner l’incident au registre des blessures;
- analyser les incidents et définir de nouvelles mesures préventives, s’il y a lieu;
- soutenir le personnel concerné par l’application de la procédure selon l’avis du professionnel de la santé qualifié et/ou le protocole;
- sensibiliser l’ensemble du personnel et des utilisateurs des installations, notamment par l’affichage des mesures préventives.
Athlètes, parents, entraîneures et entraîneurs, propriétaires d’associations et gestionnaires de lieux de pratique et de compétition, vous avez tous un impact important dans cette prise en charge.
Afin de vous y aider, le ministère de l’Éducation a élaboré des outils en matière de gestion des commotions cérébrales, tels que le protocole et sa fiche de suivi. Bien que ceux-ci soient adaptés et recommandés dans le cadre d’activités sportives, scolaires et de loisir, ils ne permettent pas de diagnostiquer une commotion cérébrale, ni de remplacer l’avis d’un professionnel de la santé qualifié, mais ils ont pour but de le complémenter.
Contactez votre fédération si vous avez des questions ou écrivez directement à la Direction de la sécurité dans le loisir et le sport à promotionsecurite@education.gouv.qc.ca.
Voici les liens où vous trouverez l’ensemble de nos outils : Quebec.ca/commotion et Quebec.ca/concussion.

Marie-Pier Chabot
Conseillère en sécurité et responsable en matière de prévention, de gestion des commotions cérébrales et de sensibilisation à celles‑ci, Direction de la sécurité dans le loisir et le sport