Au-delà de la blessure : les conséquences psychologiques et sociales d’une commotion cérébrale chez les athlètes de cheerleading

Quand on pense à une commotion cérébrale, on pense souvent aux maux de tête et aux étourdissements. Pourtant, les effets d’une commotion vont bien au-delà des symptômes physiques.

En cheerleading, où la confiance, la synchronisation et le travail d’équipe sont essentiels, une commotion peut aussi avoir un impact important sur le bien-être psychologique et social des athlètes.

Dans le cadre de mon doctorat, j’ai réalisé des entrevues avec des athlètes féminines de sports artistiques ayant subi une commotion, dont plusieurs pratiquaient le cheerleading. Leurs témoignages montrent que la récupération est beaucoup plus complexe qu’on pourrait le croire.

Quand on doit regarder plutôt que participer

L’un des défis les plus souvent mentionnés était le fait de devoir arrêter de s’entraîner et de participer aux compétitions. Plusieurs athlètes ont décrit un mélange de frustration, de tristesse et un sentiment d’être mises à l’écart de leur équipe. Alors que leurs coéquipier.ère.s continuaient à progresser, elles avaient parfois l’impression de ne plus pouvoir contribuer à l’équipe.

Un retour rempli d’incertitudes

Les athlètes ont aussi parlé de l’anxiété qui accompagne souvent la récupération. Elles se demandaient quand elles pourraient reprendre le sport, si elles retrouveraient leur niveau de performance ou encore si elles auraient toujours leur place dans l’équipe.

Plusieurs ressentaient également de la culpabilité. Même lorsqu’elles savaient qu’elles devaient se reposer, elles avaient l’impression de laisser tomber leur équipe ou de ralentir la progression du groupe, particulièrement lorsque leur absence empêchait de pratiquer certains éléments de la chorégraphie.

Une blessure invisible parfois difficile à comprendre

Contrairement à une jambe dans le plâtre, une commotion ne se voit pas. Plusieurs participantes ont expliqué que cette invisibilité faisait en sorte que leur entourage ne comprenait pas toujours ce qu’elles vivaient. Certaines ont même commencé à douter de leurs propres symptômes lorsqu’ils étaient minimisés par leur entourage.

La pression de revenir

Enfin, plusieurs athlètes ont ressenti une pression de revenir rapidement à l’entraînement ou à la compétition. Cette pression pouvait venir de différentes sources : des entraîneur.e.s, des coéquipier.ère.s, mais aussi d’elles-mêmes. L’envie d’aider l’équipe, de retrouver sa place ou de ne pas manquer une compétition importante pouvait rendre le retour encore plus difficile à gérer.

La pression de la part d’autrui n’était pas toujours intentionnelle mais elle pouvait tout de même influencer les décisions des athlètes et leur façon de vivre leur rétablissement.

Ce qu’il faut retenir

Une commotion cérébrale n’est pas seulement une blessure à la tête. Elle peut aussi affecter les émotions, les relations avec les autres et le sentiment d’appartenance à l’équipe.

Le soutien des entraîneur.e.s, des parents et des coéquipier.ère.s peut faire une réelle différence dans le rétablissement des athlètes. Être à l’écoute, faire preuve de compréhension et respecter le rythme de la récupération contribue à créer un environnement où les athlètes se sentent en sécurité de prendre le temps nécessaire pour guérir. Il est aussi important d’être attentif aux signes de frustration, d’anxiété, de perte de confiance ou de culpabilité qui peuvent accompagner cette période de rétablissement.

Pour les athlètes, rappelez-vous que votre place dans l’équipe ne disparaît pas parce que vous êtes blessé. Même si vous ne pouvez pas participer aux entraînements ou aux compétitions, vous pouvez continuer à encourager vos coéquipier.ère.s, participer aux discussions d’équipe, aider à l’apprentissage des routines ou contribuer autrement à la vie du groupe. Votre rôle est plus grand que votre performance à elle-seule!

Lien vers l’article scientifique complet : https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/2159676X.2025.2596649

Gabrielle Cadotte, PhD, CMPC

Docteure en sciences de l’activité physique
Consultante en performance mentale certifiée

gabriellecadotte.cmpc@gmail.com

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