Lorsqu’on pense à l’anxiété de performance dans le sport, on peut penser aux athlètes et à leur besoin d’apprendre des stratégies pour gérer cette anxiété. Or, l’anxiété de performance en milieu sportif, notamment en cheerleading, est un phénomène complexe. Dans ce blogue, la proposition est simple : prendre le temps de se questionner sur l’anxiété de performance avant de chercher à identifier des stratégies efficaces.
Qu’est-ce que l’anxiété de performance?
Plusieurs définitions coexistent, mais voici des questions pour mieux la comprendre.
Vrai ou faux? L’anxiété de performance, c’est le stress que l’on ressent lors d’une compétition
FAUX. Le stress et l’anxiété peuvent entraîner des symptômes physiques similaires, mais il y a des distinctions.
L’anxiété de performance peut s’installer bien avant la compétition et persister après celle-ci. Elle peut notamment se traduire par de l’anticipation, des pensées envahissantes ou un état d’alerte qui se prolonge.
« Je m’entraîne, je me prépare… mais si je n’arrive pas à maîtriser mon mouvement d’ici la compétition? »
« Tout le monde m’a vu chuter… et si on me retirait de l’équipe? »
« Pourquoi les juges ne nous ont pas accordé plus de points? »
Vrai ou faux? L’anxiété de performance est créée par les pensées de l’athlète
« Et si je rate ma voltige?
Et si j’oublie ma routine, je laisse tomber toute mon équipe.
Et si… »
FAUX. Il est vrai de dire que les pensées jouent un rôle important dans l’apparition et le maintien de l’anxiété de performance. Toutefois, elles ne sont pas les seules responsables. Plusieurs facteurs peuvent influencer l’apparition, le maintien ou l’aggravation de l’anxiété de performance.
Les exigences propres au cheerleading
La culture et les exigences propres au sport peuvent notamment jouer un rôle. Dans le cheerleading, une erreur d’exécution lors d’une routine en compétition peut entraîner directement une perte de points. Cette réalité peut influencer le vécu de l’athlète et ses perceptions de la réussite.
Le rôle de l’entraîneur
L’environnement créé par l’entraîneur peut également jouer un rôle important. Sa posture, son approche, les types de rétroactions offertes, la qualité de la relation entraîneur-athlète ainsi que la place accordée au plaisir et au processus d’apprentissage sont tous des éléments qui peuvent influencer l’expérience.
Ainsi, l’anxiété de performance ne repose pas uniquement sur ce qui se passe dans la tête de l’athlète. Elle peut aussi être influencée par ce qui se passe autour de lui : son environnement, ses relations, la dynamique de groupe, les exigences du sport et les expériences vécues.
Vrai ou faux? L’anxiété de performance peut être présente en dehors des compétitions
VRAI. L’anxiété de performance peut être présente dans différentes situations où une personne perçoit qu’elle doit performer, réussir, faire ses preuves ou répondre à des attentes.
Cette notion de perception de performance est importante. L’anxiété de performance ne se limite donc pas aux compétitions. Elle peut également se manifester à l’entraînement ou dans différentes situations vécues au quotidien.
Par exemple :
- Tu intègres une nouvelle équipe et tu souhaites montrer le meilleur de toi-même.
- Tu reviens d’une blessure et tu crains d’avoir perdu certaines de tes habiletés.
- Tu as un nouvel entraîneur qui ne te connaît pas et tu souhaites lui démontrer ce dont tu es capable.
- Tu dois apprendre un nouveau mouvement, une nouvelle routine.
- Tu participes à un camp de sélection pour une équipe dont tu rêves.
Et toi, quels sont les moments où ton anxiété de performance se manifeste?
Vrai ou faux? L’anxiété de performance est seulement vécue par les athlètes
FAUX. L’anxiété de performance peut être vécue par l’athlète, mais elle peut également être présente chez l’entraîneur, les parents ou d’autres personnes significatives dans l’entourage de l’équipe.
Pour un entraîneur, par exemple, le désir de démontrer ses compétences aux parents et à l’organisation, le sentiment d’avoir peu de contrôle ou d’influence le jour de la compétition, ou encore la forte conviction que son groupe possède les qualités nécessaires pour gagner peuvent contribuer à l’anxiété de performance.
Chez les parents, certaines attentes ou inquiétudes liées à la performance de leur enfant peuvent également générer une forme d’anxiété.
Vrai ou faux? L’anxiété de performance m’empêche d’être à mon meilleur
La réponse n’est pas si simple. L’anxiété de performance n’a pas nécessairement un impact négatif sur la performance. Une personne peut ressentir de l’anxiété, continuer à bien performer et même être capable de composer efficacement avec celle-ci. Toutefois, cela ne signifie pas que l’anxiété n’a aucun impact sur son bien-être ou son fonctionnement au quotidien.
L’impact de l’anxiété de performance peut varier d’une personne à l’autre et dépend de plusieurs facteurs, notamment de son intensité, de sa durée, des stratégies utilisées pour y faire face, de l’environnement et des caractéristiques propres à chaque athlète.
- Est-ce que j’ai moins de plaisir qu’avant dans mon sport?
- Est-ce que j’évite certaines situations, entraînements ou compétitions par peur de ne pas être à la hauteur?
- Est-ce que mes pensées liées à la performance prennent beaucoup de place dans mon quotidien?
Les habiletés mentales : une ressource pour l’athlète
Comprendre son anxiété de performance, c’est aussi apprendre à mieux connaître ses réactions, ses besoins et les facteurs qui peuvent influencer son expérience sportive. Dans cette réflexion, les habiletés mentales peuvent constituer des ressources importantes pour soutenir l’athlète, tant dans sa pratique sportive que dans les différentes sphères de sa vie.
Les habiletés mentales regroupent principalement des capacités cognitives, émotionnelles et sociales mobilisées dans notre pratique sportive, comme la gestion des émotions, la concentration, la persévérance, la motivation, la confiance en soi, les habiletés sociales, la résilience et l’autonomie.
Il y a donc plusieurs bonnes raisons d’y consacrer du temps et de l’énergie afin de les développer!
En conclusion : un phénomène multifactoriel
Cette réflexion permet de constater que plusieurs facteurs peuvent influencer la présence et l’intensité de l’anxiété de performance. Il s’agit donc d’un phénomène souvent multifactoriel, qui peut varier d’une personne à l’autre.
Les stratégies qui sont aidantes pour une personne peuvent ne pas convenir à une autre. L’accompagnement par un professionnel habilité peut être une avenue afin de mieux comprendre ce qui contribue à l’anxiété et d’identifier des stratégies adaptées.
Lorsqu’on s’investit dans un sport avec passion, détermination et motivation, il peut être normal de vouloir se dépasser et atteindre nos objectifs. Toutefois, il est important de demeurer à l’écoute de nous-mêmes pour valider le niveau d’anxiété vécu, son impact sur notre fonctionnement et comprendre les facteurs individuels et environnementaux qui sont en jeu dans notre réalité.
Bonne continuité dans votre sport,
Références
- Soucisse, M. M. et Heins, M.-P. (2021). L’anxiété de performance à l’enfance et l’adolescence : état des connaissances cliniques et scientifiques. Revue québécoise de psychologie, 42(3), 43–73. https://doi.org/10.7202/1084579ar
- Boudreault, V. et Thibault, J. (2021). L’anxiété compétitive en sport. Revue québécoise de psychologie, 42(3), 21–42. https://doi.org/10.7202/1084578ar
- Laboissière, S. (2024). Mécanismes impliqués dans le développement de symptômes et troubles de santé mentale chez les athlètes universitaires. Thèse, Université de Sherbrooke.